lundi, janvier 17, 2011

T -3

Si le Fabuleux me demandait de faire un deuxième enfant maintenant,aujourd'hui, ma réponse aurait sûrement l'air de "es-tu malade!". Ou un de ses dérivés plus ou moins pertinent.

Il me semble qu'on court. Après notre temps, après la garderie, après la vie. Je ne vois pas quelle place il y aurait dans nos vies pour un deuxième bébé.

Ne vous trompez pas. J'adore mon petit monstre de 14 mois. Euh. Ma fille. Je ne peux pas m'empêcher de rire (en cachette) quand elle cache sa suce dans les calorifères ; quand elle garoche gaiement les jouets hors du bain comme si c'était le meilleur jeu du monde ; quand elle crie maman pour la 114ième fois en ligne sur 114 tons différents ; quand elle fait le phoque en Alaska parce qu'il n'y a pas la même chose dans son verre que dans le mien ; quand elle passe ses mains sur le comptoir pour attraper les choses les plus dangereuses ; quand j'ouvre sa couche et que je fais ouachh! - même quand il n'y a rien - et qu'elle m'imite.

Chaque jour, j'ai de la difficulté à ne pas être qu'un gros sucre mou devant sa bouille ; à ne pas dormir avec elle nez à nez tous les soirs...Tout ce temps où elle n'était pas avec nous est un vague
souvenir pas du tout empli de nostalgie. Il n'y a rien qui batte le fait de regarder un enfant qui dort, de lui flatter les cheveux après 17 mauvais coups, de sortir de la pièce et être accueilli comme si on en était sorti 10 ans. De rendre heureux quelqu'un d'un coup de verre de lait, ou d'un tour de zèbre.

Mais chaque jour aussi, c'est un petit pincement au coeur de choisir pour elle, qu'elle passe le meilleur temps de sa journée à la garderie, et que moi je consacre le mien au travail qui m'apparaît maintenant bien futile. Quand je traite des plaintes pour une broutille, je ne peux m'empêcher de me dire que c'est pour faire "ça" que je laisse ma fille à la garderie et que "ça" a bien peu d'importance. Pas parce que je pense qu'elle ne peut pas survivre sans moi, mais mon triste constat, c'est que nous faisons des enfants et nous choisissons vite de les remettre aux
autres.

Où est-ce que je m'en allais avec mon billet? ah oui. Si le Fabuleux me demandait de faire un deuxième enfant maintenant en ce moment même, la réponse serait sûrement emplie d'ironie, de sarcasme ou quelque chose du genre.

J'ai dû avoir un moment de folie ou de clairvoyance, mon opinion sur ma santé mentale varie de jour en jour. Dans un peu plus de deux mois, j'ai de la misère à comprendre comment le temps a pu si vite filer, j'aurai le double de tout le bonheur que j'ai déjà ...

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