mercredi, août 30, 2006

L'équilibre

Quand j'avais 15 ans, l'équilibre, je croyais que c'était avoir la paix.
Quand j'avais 18 ans, je croyais que c'était pouvoir s'offrir tout ce que l'on voulait sans se soucier du prix.
Quand j'avais 20 ans, je croyais que c'était avoir une vie routinière et donc fondamentalement plate.

Maintenant...qu'est-ce que l'équilibre?
C'est peut-être la capacité de tirer le meilleur du pire tout en se respectant soi-même? Ou d'être capable de faire de son bien-être une contrainte et des contraintes un bien-être?

Toujours est-il que je constatais aujourd'hui à quel point j'ai cheminé dans cette affaire pas trop claire qu'est l'équilibre.

Pourquoi?
Il n'y a pas si longtemps, si quelqu'un m'avait fait un commentaire désobligeant, je me serais sans doute roulée en boule sous un tapis, confondu en excuse et mis toute ma vie en requestionnement.

Ce matin, une dame est rentrée dans mon bureau en chiant (scusez là!) sur mon travail: en toute lettre elle trouvait mon travail médiocre, que j'étais une personne médiocre et de mauvaise foi. Loin de me laisser arrêter, j'ai essayé de trouver sa frustration et ultimement de satisfaire son besoin. Elle ne m'en a pas laissé le temps, elle a tourné du talon et a quitté mon bureau en coup de vent. J'ai repris mon travail, avec une pensée: pauvre madame d'avoir des sentiments si négatifs, j'aurais bien voulu qu'elle reparte plus contente...

mardi, août 29, 2006

L'égoïsme

Une personne que j'aime beaucoup m'a fait un cadeau. Amateur de vin, mon père se plaît à ce que nous les dégustions avec ou...sans lui de toute évidence. À notre départ, dimanche il m'a mise une bouteille dans la main, que je reconnaissais pour qu'il en ait parlé longtemps avant de la trouver. Et sur ce il me lance "Vous la boirez la fin de semaine prochaine lors de la fête dans la famille du fabuleux".

J'ai eu un instant de recul dans ma tête: Cette bouteille est bien trop bonne pour que je la partage, on va la boire à deux! Encore une chance que je me sois pas exclamée tout haut, je serais morte de honte.

Papa venait de me donner une bonne bouteille, il la regardait partir pendant que moi je refusais d'en perdre une goûte. Réflexe d'enfant? Pourquoi toujours vouloir préserver les choses qui ont de la valeur pour nous? est-ce que les partager n'en décuple pas moins la valeur? pourquoi cultiver le Gullum en nous...MON PRÉCIEUX!

mercredi, août 23, 2006

De l'échec tirer le meilleur

Le résultat est probant : je n’ai pas le résultat que je voulais.

Ce qui me passe en tête ? « C’est la première fois que je me plante aux vu et au su de tous ». Car m’entendant penser, ma patronne m’a lancé un « pis, c’est quoi le résultat? » presque qu’enthousiaste. Un peu piteuse je me lève et je m’accote dans son cadre de porte. Je ne crierai quand même pas au vu et au su de tous que ce sur quoi on misait ne fonctionne finalement pas. Puis je chuchote presque. « Pas fameux ! » et je ne peux m’empêcher d’esquisser un grand sourire. Je déteste cette manie que j’ai de sourire quand c’est totalement inapproprié. Je suis inconfortable, gênée, découragée, et même triste…je fais quoi? J’ai le sourire fendu! J’échoue le sourire fendu…!

Je papote dans mes papiers, le coeur n’y est pas. Quel échec! Et pis non, finalement j’hésite à classifier le tout d’échec. La pensée suivante? Est-ce que j’essaie de me dire qu’il faut en tirer le meilleur…juste pour éviter d’être pathétique…où c’est vraiment ce qu’il y à à faire?

Appelons un chat un chat. On peut euphémiser tout le vocabulaire qu’on veut…appeler la mort un départ, un sourd un malentendant…mais rendre les mots doucéreux n’a jamais changé la réalité. Et je ne voudrais pas appeler un échec un apprentissage sous prétexte que la linguistique me chante mieux aux oreilles.

Quels sont les critères de l’échec? (Est-ce que je peux postuler?)

dimanche, août 20, 2006

Pourquoi?

Loin des grandes questions existentielles, je lance un pourquoi, en trépignant du pied comme un enfant, les poids fermés.

Pourquoi quand on magasine des sandales, les mieux sont inévitablement les plus chères et évidemment, celles qui ne sont pas en soldes?

Pourquoi, quand on magasine des vêtements, notre oeil coque souvent sur ce qu’il trouve le plus beau…et inévitablement ce qui est relativement plus cher, et ce, même avant d’avoir vu le prix?

Je veux une chaumière!

Pourquoi on dit une chaumière? C’est une maison misérable avec le toit en chaume, il paraît. Mais bon, quand il est question de maison, c’est moi qui va devenir misérable bien vite.

J’EN VEUX UNE!

Depuis que nous habitons là ou nous habitons dans notre appartement, l’été amène avec le beau soleil..et le temps de la construction! Troisième Deuxième, fait dire le fabuleux-été donc, que le doux chant du marteau piqueur (paraît que je le rêve ça aussi) nous réveille. À côté de ça, même un croassement de corneille pourrait sembler une symphonie. Et je vous passe le dossier de la poussière. D’abord, vivre sur un chantier de construction, c’est laid, ya plein de curieux qui viraillent, mes vitres sont une vraie honte (mais je m’en fous un peu, sauf quand je les vois!) le fabuleux a atchoumé et eu les yeux rouges tout l’été. (y fait dire que c’est le pollen, ben oui, le pollen au mois d’août!) Alors, j’aimerais avoir une maison.

Je me reprends : j’aimerais avoir une maison MAINTENANT. Mais…J’hais magasiner. J’hais magasiner du linge, j’hais magasiner des maisons. Rentrer chez les gens, ouvrir les garde-robes pour y découvrir leurs bobettes. Me dire que ce serait bien…si le plancher était redressé, la tapisserie arrachée, le prélart changé pour de la céramique…le mal de coeur me prend à entrevoir tous ces travaux. et pis quand j’aime pas la maison, encore maudit de dire aux gens que leur maison est laide…!

On a pas encore beaucoup visité (une chance!) et on cherche pas fort. Le fabuleux aimant visiter au moins aussi peu que moi, j’ai l’impression que…si on trouve pas assez rapidement, on serait le genre à arrêter de chercher et moisir là où on est!

mercredi, août 16, 2006

Mémento

Tu as l’esprit dans le brouillard. Un mélange de fatigue et de distance. Tu réfléchis comme une étrangère, tu agis comme une étrangère. Et pourtant, dans chacun des gestes c’est bien toi que tu reconnais.

Tu déambules, tu sais où tu t’en vas, mais chaque pas est rempli d’incertitude. Tes pieds savent mieux que toi le chemin, tu les laisses faire pendant que tes yeux s’évadent dans le vide. De toute façon tu penses que tu ne sais pas où tu t’en vas, mais dans le fond, tu sais que tu sais. Cet état te libère du fait de penser à chaque geste, à chaque respiration. Tu t’occupes l’esprit dans ce lointain rien.

Puis un instant tu reviens à toi. Le monsieur là, sur le banc, a mis ses plus beaux atours. Il compte soigneusement sa monnaie, comme mille trésors. Ses mains sont sales, ses plus beaux atours ne sont pas vraiment beaux, tu allonges le nez, pour voir s’il n’émane pas d’odeur de lui en plus. Tu replonges aussitôt dans tes pensées. Tes yeux scrutent maintenant le sol, tu repenses au monsieur sur le banc. Tu te dis que c’est ça, sa vie à lui. C’est le choix qu’il a fait. Tu hésites sur la pitié ou sur le fatalisme. Tu ne règles pas la question car juste là, tes yeux ont accroché une paire de souliers en plastique. Ils ne te lèvent pas le coeur. Ta mère en a déjà eu des pareils. Il y a au moins 10 ans. Tu hésites entre le souvenir qui te fait sourire, ou la pitié.

Ton nez est capable de différencier Hugo de Clinique Happy. Ton oeil sait ce que sont des ongles bien faits. Le fait que tu te promènes à la longueur de journée dans un centre commercial te donne le droit, tu le penses, de trouver quelque chose à la mode ou pas. Mais ta pitié aussi de bonne foi soit-elle reste toujours la même. Que du mépris malhabilement déguisé.

Tu as voulu et ça a suffit au reste. Tu as lu l’Alchimiste et le Guerrier Pacifique. Tu as vu neigé, tu as pu étudier et faire des choix. Tu as peut-être voyagé ou juste flâné dans les grands musées. Tu as mis tes mains à la source et l’eau est venue.

Parfois tu te plains d’une fatigue, d’un bobo. Mais entre mille maux, tu as eu les moindres. On t’a dit pour te consoler qu’on ne compare pas les “souffrances” car elles sont toutes différentes. T’es-tu demandé si ce n’était pas simplement ce que les riches se disent entre eux pour pouvoir continuer de se plaindre de leur mauvais sort?

Entre mille maux, tu as eu les moindres. Souviens t’en. Et donne à ces maux la place qui leur revient vraiment dans ton univers: bien peu d’espace.

Tu as pensé dominer un ou l’autre. Tu as pensé être le meilleur. Tu as pensé être le gagnant. Le seul que tu as floué c’était toi. Qu’as-tu accompli en étant gagnant ou meilleur que l’écrasement d’un autre? Ta supériorité entre toi et les autres n’est que la limite, là où commence ton orgueil.

Tu te retournes. Tes pieds savent où ils te mènent. Tu t’asseois sur le banc, tout à côté de l’homme et tu lui souris, tu lui mets ta main sur l’épaule puis tu t’excuses. Sans plus d’explication tu le remercies et tu poursuis ton chemin.

dimanche, août 13, 2006

Le ridicule...tue un peu!

Le camping est tombé à l’eau, c’est le cas de le dire!

Ni une ni deux, nous avons fait de nouveaux projets afin de nous faire sortir un peu, et de profiter des dernières fin de semaine de l’été (ne m’en parlez pas!).

Nous voilà au musée de la civilisation, entre “Autopsie d’un meurtre” et l’”Histoire du cinéma québécois” le temps a passé plus que vite. Lorsque nous sommes rentrés dans une exposition sur le cinéma, un petit écran avec un fond nous mettait en scène. Doudou de me dire “fais du nunjako!” (c’est un running gag, depuis que je fais de l’aéroboxe, je réponds à des commandes de boxe, en plus de faire des démonstrations rigolotes, langue sortie, de cet art martial) alors pas astineuse pour 2 cennes, je lui fait ma plus belle passe de nunjako imaginaire, avec lancers…après quelques secondes, j’arrête et on commence à visiter. Après quelques pas, je réalise: non seulement j’avais eu la chance d’être projeté sur le petit écran 18 pouces qui était devant nous, j’avais été diffusé sur un écran géant de…minimum 6 par 8 sur un mur de l’exposition…Quelle honte!

Le fabubleux

Entendu de mon chum: Je suis pas doudou, arrête de m’appeler comme ça sur ton blog, j’ai un nom, je suis X…

Moi : ben là, tu veux pas que je nomme ton nom…

Lui: toi tu le nommes ton nom?

Moi: ben là…fabuleux destin d’Amélie…

Lui: ah, ça va…tu nommes ton nom et le mien: toi c’est Amélie, moi c’est “le fabuleux”!

Pfff!

mercredi, août 09, 2006

Je te quitte!

(les nerfs doudou, lis jusqu’au bout!)

Je te quitte…sans amour mais sans dépît, sans haine mais sans regrets, sans histoire et sans retour.

Comme les départs sont difficiles. Savoir mettre sa limite, savoir dire non. Savoir congédier, savoir remercier sans histoire et sans artifice sont sans doutes les choses les moins naturelles que nous avons à faire. Quelqu’un est-il vraiment à l’aise de faire cela?

Demain matin, le moment que je redoute depuis des semaines. J’appréhende et pourtant ce sera une libération. J’anticipe le moment, sans pouvoir savourer le futur tout à fait.

Difficile de dire “je te quitte” à n’importe qui, à n’importe quel moment. Pourquoi? Peut-être, sans doute. En fait, j’ai ma théorie pour moi-même.

Dire “je ne t’aime plus” ce n’est pas seulement assumer de ne plus aimer l’autre. C’est aussi assumer qu’il ne nous aime plus…parce qu’on ne l’a plus aimer en premier. Je te quitte c’est accepté de devenir l’écoeurant de service l’espace d’un instant pour rendre tout le monde plus content après. Mais le moment où l’on prend le poids sur ses épaules d’accepter ce rôle est parfois lourd. Être le donneur de claque dans la face, ce n’est jamais le rôle le plus aimé d’une histoire. Et quand je pense à ça appliqué à ma vie, je ne peux que dire que ce qu’on fait de mieux les “écoeurants de passage” c’est bien être “écoeurants pour une dernière fois”. Et je dis écoeurant avec un gros clin d’oeil, parce que la plupart du temps, force est d’admettre que c’est pour le mieux.

J’ai donc demain à être l’écoeurant de service pour un fournisseur qui, je l’anticipe bien, sera surpris parce “qu’il n’a rien fait”….